MEMENTO AMC

clip image004

AM.Cassandre MEMENTO Feuilles Mortes   1958-1966   

(Comment en suis-je venu la ?)

De Juvenal, Poète satyrique latin (55-140 ap JC), avant de se donner la mort : « Il n’existe de pire forfaiture que de préférer la vie aux raisons de vivre ».

« C’est une question de propriété: Il faut changer d’avis comme de chemises. »        Jules Renard.

 « Si quelqu’un trouve que je me contredis,  je réponds : parceque je me suis trompé une fois, ou plusieurs fois, je ne prétends point me tromper toujours. »        Vauvenargues.


1958-    Les sots et les cuistres, satisfaits de leur stérilité,me reprochent souvent de ne pas aimer la vie...moi qui l’aime si passionnément ! En vérité je n’aime pas ce qu’ils veulent me faire prendre pour la vie : la leur.

        Vivre ce n’est pas consommer aujourd'hui, en digérant hier : c’est PROJETER demain. C’est surtout accepter l’Inconnu, quelque tragique qu’il soit. Ceux qui ne vivent que la minute qui passe sont peut-être des dilettantes, malins et confortables - mais sûrement déjà des moribonds.

        Ce qui fait la force irrésistible de la jeunesse c’est son inconscient et secret consentement de la mort. c’est ce consentement tacite qui lui confère son audace, sa témérité, et parfois son héroïsme. Avec l’âge ce consentement doit devenir lucide et serein - non parce que la mort est le consentement d’une vie éternelle, mais parce qu’elle est l'achèvement parfait de la vie et le but véritable de son accomplissement.

        Mozart : « Comme la mort à y regarder de près est le vrai but final de la vie, je me suis , depuis quelques années, tellement familiarisé avec cette véritable et parfaite amie de l’homme, que son image non seulement n’a plus rien d’effrayant pour moi, mais très apaisante, très consolante »...  

        Ceux qui ne connaissent pas la fascinante tentation de la mort et l’épuisant combat qu’elle vous impose ne sauraient parler de la vie que bien légèrement.

1959-   Il y a une grande différence entre l’affirmation d’un art d’exception et la présence pudique, chaleureuse et presque invisible ( comme celle d’un être tendre) d’un art familier accordé à la vie quotidienne de l’homme. Le premier est toujours signification d’une grande passion- espoir ou désespoir - Le second ne saurait être que « le rappel discret d’un espoir «comme très justement Goethe le définit. (Ma constante ambition)

        On n’a d’indulgence que pour ceux qu’on aime point. C’est peut être ce qui rend l’amour si difficile.

        Rivarol : « L’indulgence pour ceux qu’on connait est bien plus rare que la pitié pour ceux qu’on ne connait pas. »

        Toujours Rivarol : « Les esprits extraordinaires tiennent grand compte des choses communes et familières, et les esprits communs n’aiment et ne cherchent que les choses extraordinaires. »

        Et Jules Renard : « Un grand poète n’a qu’à se servir des formes consacrées. Il faut laisser aux petits poètes le soucis des imprudences généreuses ! » Y bien réfléchir.

        Difficulté d’accepter objectivement son âge. D’autant plus absurde que les avantages de la jeunesse n’ont plus pour vous qu’une saveur très diminuée.

        Ce qui est difficile ce n’est pas de se faire aimer, mais bien d’aimer soi-même.

        Dans ce monde féroce qui s’écroule avec un bruit de ferraille et d'explosions, un regard direct et sans clignements d’yeux sur la nature et ses vérités premières résonnerait sans doute comme le cri de joie d’un enfant. Mais pourrait-on encore l’entendre ?

        Il semble vain de chercher les signes d’un langage, lorsque ce langage n’est plus Verbe, mais simple accumulation de mots.

        Ils ont des yeux et ils ne voient pas; ils ont des oreilles et ils n’entendent pas. Aujourd’hui le Christ ajouterait : ils ont une langue et ils ne la parlent pas...

1959- Les hommes d'aujourd'hui ne parlent plus : ils «causent». Comment pourrait-ils encore jouer la tragédie? Elle est essentiellement Parole - sonore, graphique et plastique. Et comment pourraient-ils encore s’entendre alors que le Logos n’est plus que logorrhé? 

        L’homme est si seul qu’il voudrait être entendu, -et il est si vain qu’il lui suffit de croire qu’il est écouté...par des gens qui ne l’entendent pas.

        On ne peut participer à la vie d’une collectivité qui ne vous concerne point. Le vigneron aura beau se faire marin, il ne pourra cultiver sa vigne sur un bateau. Il faut bien qu’il reste sur la rive et fasse seul son ouvrage, en attendant que les marins aient envie de tirer une bordée et de boire un coup.

        L’espace figuré est d’autant plus sensible que l’objet qu’il contient n’est pas tout à fait à sa mesure, à la même échelle. Il devient alors insolite, et substance poétiquement recevable. Au théâtre cette sur-proportion se retrouve dans la réalité plastique de l’acteur opposée à la figuration virtuelle d’un espace un peu plus petit que le voudrait la vraisemblance.

        La vie privée...privée de quoi ?


  CONTACT  VIMEO   LINKEDIN   BEHANCE   FLICK  © MOURON.CASSANDRE. ALL RIGHTS RESERVED 2000